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Retour sur « l’affaire » des caricatures

Lundi 11 mai 2009

Retour sur « l’affaire » des caricatures

L’affaire Siné cet été a fait beaucoup dans l’apparition de Val dans le paysage médiatique…jusqu’à l’amener aux portes de la présidence de France Inter.

C’était il y a trois ans. Partie du Danemark, à l’automne 2005, « l’affaire » avait embrasé « les foules arabo-musulmanes », au Liban, en Syrie et en Iran, pour arriver finalement, par ricochet, en France : les images de drapeaux brûlés et d’ambassades saccagées avaient convaincu trois journaux (France-Soir, L’Express et Charlie Hebdo) de publier à leur tour, en février 2006, les fameuses « Caricatures de Mahomet ». La quasi-totalité de la classe politico-médiatico-intellectuelle avait soutenu cette démarche, fermement résolue à ne « rien céder » des sacro-saints principes de la laïcité et de la liberté d’expression. S’en était suivie une campagne dont les médias français sont coutumiers, chacun y allant, au fil des jours, de son grain de sel, dans les pages « Rebonds » de Libé, ou dans les pages « Débats » du Monde et du Figaro. Certains avaient dénoncé la « lâcheté » et le « renoncement » de ceux qui en appelaient à l’apaisement et à un exercice responsable de la liberté d’expression. On avait évoqué Munich, et Salman Rushdie. Rien de moins.

L’année suivante, en février 2007, s’était tenu devant le tribunal correctionnel de Paris le procès engagé contre Charlie Hebdo par l’UOIF et la Mosquée de Paris. Fantastique happening où, pour rameuter le ban et l’arrière ban de la même classe politico-médiatique, Philippe Val, directeur du journal, avait proclamé que la République était en danger. De méchants musulmans voulaient étouffer nos libertés fondamentales. Hollande et Bayrou étaient venus déposer à la barre. Le ministre de l’intérieur et candidat à la présidentielle Sarkozy avait apporté son soutien par écrit. En pasionaria exaltée, Elisabeth Badinter avait affronté la foule des caméras et des micros au sortir de la salle d’audience, et clamé solennellement : « La situation est déjà pourrie ! Il n’est que temps de dire : ça suffit ! Parce qu’il y a une peur qui s’insuffle dans notre société. (…) Si le tribunal leur donne raison, nous ne pourrons plus parler, nous seront terrorisés et ça sera le silence ». Philippe Val avait renchéri : « …le silence qui accompagne l’agonie de la liberté ». Pour Richard Malka, avocat du journal, le témoignage d’Elisabeth Badinter à la barre du tribunal avait été « un moment d’une intensité exceptionnelle, un instant de grâce ». Elisabeth Badinter, avait su retourner le compliment à l’équipe de Charlie Hebdo. « Ce sont des héros ! », avait-elle lancé. Quelques semaines plus tard, les héros gagnaient le procès. Philippe Val, tel Saint-Georges, avait terrassé le dragon.

C’est dur d’être aimé par des cons

Pourquoi revenir, aujourd’hui, sur cette affaire ? C’est que l’opération de communication (car c’est bien de cela qu’il s’agit) n’en est pas restée là : en mai 2008, le festival de Cannes accueillait dans sa sélection officielle le film de Daniel Leconte C’est dur d’être aimé par des cons, ode à la gloire de Charlie retraçant l’épopée de la publication des caricatures et du procès. La sortie du film en salles, en septembre dernier, fut saluée d’une critique aussi dithyrambique qu’aveugle : « une formidable leçon de démocratie », pour le JDD ; « un film pertinent et impertinent », selon Le Point ; « passionnant, édifiant, drôle et émouvant » pour Les Inrockuptibles  ; « Un documentaire digne des grandes fictions », pour Télérama… Deux mois plus tard, sortait en librairie le livre dans lequel Val fait son propre récit de l’affaire, Reviens Voltaire, ils sont devenus fous. « Un livre dense, grave, qui prend à bras-le-corps quelques une des questions les plus essentielles, les plus aiguës de notre temps », selon BHL qui en a fait la critique pour Le Point. Pas le temps de souffler : le DVD du film est sorti à son tour, il y a quelques jours. Mais ne vous précipitez pas sur les têtes de gondoles de la FNAC pour l’acheter au prix fort : la jaquette indique un « partenariat avec le Nouvel Observateur ». Je fais le pari qu’on le trouvera sous peu offert en promo avec l’achat de l’hebdo lui-même.

Opération de communication, donc. Mais il y a pire : car l’examen comparatif du film et du livre révèle des discordances de taille qui signent la manipulation. La mosquée de Paris a-t-elle fait un mauvais procès à Charlie ou est-ce, au contraire, Val qui, sciemment et de manière très artificielle, a poussé le recteur Dalil Boubakeur à un affrontement judiciaire que ce dernier voulait éviter ?

Dans son livre, Val joue l’ingénuité dès le départ, alors que les caricatures de Mahomet ne sont pas encore sorties de l’imprimerie : « je prévoyais, certes quelques remous, mais je ne pouvais pas imaginer à quel point ma vie allait être bouleversée par cette affaire » [1]. Pourquoi, alors, la caméra de Daniel Leconte est-elle déjà présente, lors de la conférence de rédaction qui précède ? Le numéro litigieux de Charlie est encore dans les limbes, mais tous – les journalistes et celui qui les filme – semblent déjà savoir que cette publication ne sera pas sans suite. L’affaire n’était pas née que le premier coup de manivelle du tournage avait déjà été lancé…

Surtout : dans les semaines qui suivent, un arrangement semble se dessiner. Pourquoi en passer par le pugilat judiciaire ? Nous sommes en démocratie, que diable ! Par l’entremise de Caroline Fourest et de Mohamed Sifaoui (tous deux collaborateurs de Charlie Hebdo), Val et Boubakeur conviennent d’une sortie honorable : une conférence de presse commune où chacun réaffirmera son point de vue : le droit de caricaturer d’un côté, le droit de se sentir blessé et de le dire, de l’autre. Et puis on se serrera la main devant les caméras. Embrassons-nous Folleville ! C’est Val qui le raconte dans son livre : « Le recteur est d’accord. Il ne reste plus qu’à nous entendre sur le lieu de la réconciliation pour y convier la presse et les médias ». Mais, raconte-t-il, « soudain, la communication est rompue. Ni Caroline, ni Mohamed ne peuvent fournir la moindre explication sérieuse » [2]. Quelques semaines plus tard, Val dit avoir appris par une dépêche de l’AFP que la mosquée de Paris choisissait, en définitive, la voie judiciaire. Preuve, selon lui, de la victoire des intégristes… et de l’Elysée. Politique arabe de la France oblige ! Boubakeur aurait finalement cédé aux sirènes de l’islam radical…

Qui trop embrasse mal étreint

Petit problème : Contrairement à ce qu’affirme Val, Caroline Fourest a fourni une explication pour le moins sérieuse de la défection de Dalil Boubakeur. Elle le fait même avec force détails devant la caméra de Daniel Leconte. A trop communiquer, on fini par s’emmêler les pinceaux… et le film vient contredire le livre. Qui trop embrasse mal étreint. Car, alors que la négociation est sur le point d’aboutir, Charlie Hebdo sort une nouvelle caricature… de Dalil Boubakeur, cette fois ! Et pas franchement sympa, s’agissant du représentant de l’islam de France : le recteur de la mosquée y est croqué en bouledogue obèse, bavant et « s’oubliant » (urine ou sperme ? nul légende ne le précise, mais un liquide visqueux s’échappe de son bas ventre) sur les genoux de Chirac qui lui caresse la nuque. Le bouledogue Boubakeur laisse même échapper un grognement : « Arf ! Akbar ! », réplique « humoristique » de l’incantation religieuse « Allah ouh akbar ». Caroline se paye même le luxe de raconter sa réaction immédiate en découvrant ce dessin. Elle a aussitôt téléphoné à Mohamed Sifaoui pour lui dire : « je crois que le recteur, il va pas le faire, l’entretien ! ». Et Caroline poursuit son récit : « Je me souviens de Mohamed au téléphone, moooort de rire, en me disant : « Oh, putain ! Oh putain ! ». Je lui ai dit : « tu vois, je crois que ça va pas se faire ». Il me dit : « non, je crois que ça va pas se faire ! ». Devant la caméra de Daniel Leconte, Caroline se marre franchement. Mais osez, un peu, qualifier l’équipe de Charlie Hebdo de provocateurs et de manipulateurs. On vous traitera de munichois, de complice des islamistes, d’ennemi de la République, et que sais-je, encore !

Guillaume Weill-Raynal (Bakchich.info)

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