Archive de la catégorie ‘actualité’

Massacre de Srebrenica, 14 ans après

Dimanche 12 juillet 2009

Massacre de Srebrenica, 14 ans après

Plus de 20 000 musulmans bosniaques se sont réunis samedi à Srebrenica, dans l’est de la Bosnie-Herzégovine, pour commémorer le massacre d’environ 8 000 musulmans par les forces serbes bosniaques en juillet 1995. Quatorze ans après le génocide, la reconstruction est difficile car les responsables n’ont toujours pas été jugés.

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Aux portes de Srebrenica, le cimetière de Potocari sert de lieu de mémoire, pour rappeler qu’il y a 14 ans, 8 000 musulmans ont été massacrés par les forces serbes bosniaques en quelques jours.

Des dizaines de milliers de musulmans sont venus assister samedi aux funérailles de 534 victimes retrouvées dans des fosses communes et récemment identifiées. Ces défunts reposeront aux côtés des 3 200 morts déjà enterrés à Potocari. L’identification des corps est un processus laborieux, mais nécessaire à la reconstruction des personnes et du pays.

Juger les responsables

Voilà cinq ans que les autorités serbes bosniaques ont reconnu la responsabilité des forces serbes dans ce massacre. Et en cette journée de deuil, le Premier ministre de la Serbie Mirko Cvetkovic a adressé un message de paix à la Bosnie, en affirmant que juger les responsables était un préalable à la réconciliation dans la région.

L’ancien leader Radovan Karadzic, a été arrêté l’an dernier après 13 ans de cavale. Inculpé pour génocide, crime de guerre et crime contre l’humanité, il attend d’être jugé par la Tribunal pénal international (TPI). L’ex-chef militaire des forces serbes bosniaques, Ratko Mladic, est pour sa part toujours recherché.

140 morts au Xinjiang

Lundi 6 juillet 2009

Des émeutes font 140 morts dans la province chinoise du Xinjiang

Pékin accuse la dissidence ouïghoure en exil d’avoir orchestré les émeutes qui ont éclaté dimanche dans la capitale régionale du Xinjiang. 828 personnes ont été blessées et des centaines arrêtées.

Les émeutes qui ont éclaté dimanche à Urumqi, la capitale régionale du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine, ont fait 140 morts et 828 blessés, et des centaines de personnes ont été arrêtées, a annoncé lundi 6 juillet un porte-parole du gouvernement. L’agence officielle Chine Nouvelle avait dans un premier temps parlé seulement de trois morts. Des images saisissantes ont été montrées par la télévision centrale CCTV : de nombreux civils ensanglantés, gisant à terre, des voitures et bus en flammes ou déjà carbonisés jusqu’au châssis. Le calme est revenu lundi dans la ville. De nombreux quartiers ont été bouclés, après ces émeutes que Pékin dit être le fait de la dissidence ouïghoure en exil.

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La dissidence ouïghoure accusée

Selon les autorités chinoises, les dissidents auraient orchestré ces émeutes ethniques, en poussant des Ouïghours à attaquer des Hans, des Chinois de souche. En ligne de mire de Chine Nouvelle, le Congrès mondial ouïghour. Dirigé par la dissidente en exil Rebiya Kadeer, c’est lui qui est accusé par Chine Nouvelle et la télévision d’avoir fomenté les violences. « Les enquêtes initiales montrent que la violence a été orchestrée par le Congrès mondial ouïghour conduit par Rebiya Kadeer », a indiqué l’agence citant le gouvernement régional.

« Contrôlés à distance »
 

« Ces incidents ont été contrôlés à distance et menés de l’intérieur à l’instigation de l’étranger », a aussi dit le commentateur de CCTV, en qualifiant de « séparatiste » Rebiya Kadeer, arrivée en mars 2005 aux Etats-Unis après une détention en Chine de presque six ans et son exil forcé par Pékin. Le Xinjiang, aux confins de l’Asie centrale, compte environ 8,3 millions de Ouïghours, de religion musulmane, dont certains dénoncent la répression politique et religieuse menée par la Chine sous couvert de lutte contre le terrorisme. (Nouvelobs.com)

Les moines victimes d’une bavure

Lundi 6 juillet 2009

Les moines de Tibéhirine auraient été victimes d’une bavure

L’affaire des sept moines enlevés, tués puis décapités en 1996 en Algérie, est relancée par un témoin qui affirme que l’armée algérienne serait responsable.

Un témoignage recueilli par le juge d’instruction antiterroriste Marc Trévidic le 25 juin dernier, vient de relancer le dossier de l’assassinat des sept moines de Tibéhirine en Algérie en 1996, selon des informations du quotidien Le Figaro et du site d’information Mediapart. Au printemps 1996 sept moines français de Tibéhirine en Algérie sont enlevés, tués puis décapités. De nombreuses hypothèses – groupe terroriste, bavure – ont circulé sans que jamais l’on sache quels étaient les auteurs des faits.

Ne pas nuire aux relations franco-algériennes

François Buchwalter, militaire de haut rang, affirme dans sa déposition que les moines ont été, comme certains le soupçonnaient depuis longtemps, victimes d’une bavure commise par l’armée algérienne. Il assure surtout en avoir informé les autorités françaises, qui lui ont demandé de se taire, pour ne pas nuire aux relations franco-algériennes. 13 ans plus tard il décide finalement de lever le « secret-défense ». François Buchwalter, 65 ans est convoqué le 25 juin par Marc Trévidic, qui a repris le dossier en 2007.
Le général, formé à Saint-Cyr, a été employé au sein des services secrets puis à la DGSE (Direction générale des services extérieurs), avant d’être nommé attaché de défense en Turquie, au Sahara, puis en Algérie entre 1995 et 1998. C’est à ce poste qu’il va recueillir les confidences d’un ancien officier de l’armée algérienne, dont le frère était chef d’une escadrille d’hélicoptères affectée à la première région militaire en Algérie. Le général a souhaité préserver l’anonymat de cette personne pour des raisons de sécurité.

« Black-out demandé par l’ambassadeur »

François Buchwalter a rencontré l’officier après les obsèques en mai 1996. L’Algérien lui explique que son frère patrouillait en hélicoptère entre Blida et Médéa dans le cadre d’opérations anti-islamistes. La patrouille aurait aperçu un bivouac ressemblant à un groupe djihadiste armé. La zone ayant été complètement vidée, la patrouille a immédiatement pensé qu’il s’agissait de terroristes. « Ils ont (…) tiré sur le bivouac (…) se sont ensuite posés (…). » Puis « ils ont découvert qu’ils avaient tiré notamment sur les moines », a expliqué le général au juge Trividic. « Les corps des moines étaient criblés de balles. » Les militaires ont immédiatement prévenu leur PC de commandement à Blida. De son côté, le général Buchwalter a rendu compte par écrit du mitraillage des moines au ministère de la Défense, à l’état-major des armées et à l’ambassadeur de France alors en poste à Alger, Michel Levêque. « Il n’y a pas eu de suites, ils ont observé le black-out demandé par l’ambassadeur », assure-t-il.

Des têtes sans corps

Cette nouvelle version qui relancerait l’affaire porte un sérieux revers à la thèse officielle de l’armée algérienne. Elle a toujours affirmé que les corps des religieux trappistes ont été enlevés quelques semaines plus tôt par le Groupe islamique armé (GIA), des terroristes algériens, qui avait par ailleurs revendiqué les séquestrations. L’armée aurait ensuite découvert les dépouilles dans un champ près de Médéa. Mais les familles n’ont pu récupérer que les têtes. Le père Armand Veilleux, procureur général de l’Ordre cistercien trappiste, aujourd’hui partie civile dans le dossier, avait exigé de voir les dépouilles afin de les identifier. Les nombreuses résistances rencontrées à l’époque l’avait fait se tourner vers l’ambassadeur, auprès duquel il avait également dû insister. Le diplomate avait expliqué au Père que seules les têtes avaient été retrouvées et lui avait fait promettre de ne rien dire, « en arguant du fait que ce serait un déshonneur pour l’Algérie ». C’est à l’ouverture des cercueils pour l’identification des corps que le père Veilleux a constaté qu’il n’y avait que les têtes, dont l’une sans menton. D’où les premières suspicions d’une bavure maquillée.

Un sérieux démenti à la version officielle

Pour Me Patrick Baudoin, avocat de la partie civile, ce témoignage apporte en tout cas un sérieux démenti à la version officielle : « Nous allons demander à la France la levée du secret-défense sur les rapports de son attaché militaire et, à l’Algérie, la restitution des corps des moines. Ces propos démontrent que la raison d’État a prévalu dans ce dossier. » Interrogé par les juges d’instruction, Michel Levêque, ambassadeur de France à Alger, n’a jamais évoqué cet épisode. (Nouvelobs.com)

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