Bordj M’raou

Bordj M’raou

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Ces photos ont été prises au bordj M’raou, ce poste tenu par une compagnie du 153 RIM (Régiment d’Infanterie Motorisée) avait été construit vers 1860. Il avait été modernisé une première fois après la seconde Guerre Mondiale puis à la fin de l’automne 1959 en ajoutant des blockhaus, un point d’appui à environ 400mètres tenu par une section, des barbelés et champs de mines.

Les photos datent de fin 1959 à fin février 1961 correspondant à la fin de mon temps de service militaire.

Ce bordj était situé à l’Est de Souk Arhas, sur la frontière Tunisienne, à 9 kms. environ  au Nord de Sakiet Sidi Youssef. Entre les deux un regroupement d’environ 1.500 personnes. A l’époque il était, si je me souviens bien, à une quarantaine de kms. à l’Est de la « Ligne Maurice ». Son armement était d’une vingtaine de mitrailleuses de 30 ou Hotchkiss, 2 MG 42 Allemandes prises à l’ennemi, 6 mortiers du 60 au 120, 1 canon Anglais de 75 à tir tendu, au moins une 12,7 sur chaque half-track et de 30 sur camions, 2 chars légers Français ou Américains, un projecteur de la Seconde guerre Mondiale et l’armement des quatre sections, individuel et collectif.

La Harka comprenait une trentaine d’hommes vivant avec leur famille dans le poste, elle était divisée en deux groupes, l’un à cheval, une quinzaine de chevaux de race « Barbe », très rustiques, solides et infatigables, il y avait un caporal, Slimane, le seul parlant un peu Français, l’autre à pied, avec un sous-officier Français, engagé, et un sous-officier harki. La présence de ces deux métropolitains tenait à leur connaissance de la langue du commandement, des procédures radio avec l’artillerie, les chars et surtout l’aviation, les coordonnées géographiques etc…

Personnellement j’étais appelé, 4 mois de classes en Allemagne, Cherchell de mars à août 1959 (cette école faisait des opérations dans son secteur pendant le ‘Plan Challe’, en général avec le 2e. REP (Régiment Étranger de Parachutistes) puis le 153e, 28 mois en tout.

Les missions de la harka étaient de contrôler environ 1.500 personnes, habitant des douars ou mechtas, exploitant leurs champs, au contact des « fellouses » venant de Tunisie, patrouilles, guérilla, contre-guérilla, chouf, embuscades et aussi toutes les missions de la compagnie, toujours devant, éclairage lointain et flanquement, sans doute j’en oublie. Notre armement était léger, PM Français, Américain de 11,45 ou Allemand pris aux fellouses , fusils Lebel ou US 17, 2 fusils-mitrailleurs Français. Tous les jours sur le terrain, par tous les temps. Nul ne saura jamais le degré de souffrance de ces hommes.

Pendant cette durée d’un an et demi, le poste a été harcelé une centaine de fois, les accrochages peut être autant. Pendant l’automne 1959, un point d’appui d’artillerie pour les postes de Sakiet et M’raou a été construit à l’arrière, en permanence une batterie de 105 et occasionnellement une batterie de 155 en supplément.

Nous allions au ravitaillement une fois par semaine, à Souk Arhas et, pour ouvrir la piste, il y avait obligatoirement un bataillon d’infanterie, une batterie d’artillerie, un escadron de chars et l’aviation d’appui au sol. Au cas où l’aviation ne pouvait pas voler, le ravitaillement n’avait pas lieu.

Dans la nuit du 26 Novembre 1960 attaque du poste par environ 800 fellouses à l’assaut plus 400 en appui-feu avec un armement en majorité Chinois, des 75 sans recul, mortiers, mitrailleuses lourdes et lance-roquettes etc… (voir le journal militaire « Le Bled »). La compagnie a été renforcée pendant une semaine avec une autre compagnie puis repliée et remplacée une dizaine de jours par une compagnie de le Légion, puis ensuite par une compagnie de Hussards à pied. Après ma libération, au Printemps 1961, il a été abandonné et dynamité. Le 19 mars 1962, la compagnie du 15-3 a bivouaqué dans ses ruines et l’a remis aux fellouses.

13 Réponses à “Bordj M’raou”

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  1. Jean RENAULT dit :

    J’ètais à M’raou le 19 mars 1962 au 3eme Hussard comme brigadier après nous passé commando V-145

  2. jean.renault1940@gmail.comme dit :

    Bonjour Georges

    Exacte, au sujet de la reconnaissance des hussards sur la photo.

    Bonhomme, était un adjudant

    Quant à moi j’étais brigadier à cette époque

  3. MONGIN Pascal dit :

    Bonjour,
    Mon père était cantonné à MRAOU et a participé à l’attaque du 28-11-1960. Il était du 153ème RIM
    Avez vous des photos scannées à me faire parvenir SVP ou d’autres documents ? Je n’ai pas pu regarder les photos citées en débur de document.
    Cordialement

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