Archive pour juin 2009

Cherifa

Lundi 29 juin 2009

Cherifa

Image de prévisualisation YouTube

Yas

Jeudi 25 juin 2009

vignette.jpgYas

Va-t-on danser arabe cet été ? Deux transfuges de la pop en font le pari en publiant le 8 juin, sous le nom de YAS, l’album Arabology. YAS réunit le musicien électronique Mirwais et la chanteuse Yasmine Hamdan. Le Français Mirwais, élevé à Kaboul, puis Paris, par un père afghan, s’est bâti une réputation mondiale grâce à Madonna, qui, en 2000, l’avait convoqué pour son album Music, puis lui avait confié la réalisation d’American Life. La Libanaise Yasmine vit à Paris depuis huit ans. C’est au bras de son compagnon, le cinéaste palestinien Elia Suleiman, qu’elle a monté le 23 mai les marches du Palais des festivals, à Cannes, où il présentait The Times that Remains. Arabology a le casting chic.

Elia Suleiman avait emprunté un titre à Mirwais pour habiller Intervention divine, Prix du jury à Cannes en 2002. Mirwais l’avait invité au concert de Madonna et était convenu à cette occasion de travailler avec Yasmine. Issue de la communauté chiite, la jeune chanteuse à la voix chaude avait formé les Soap Kills, un groupe de trip-hop moyen-oriental, en 1998, avec Zeid Hamdan.

SAMPLES DE KRAFTWERK

Déjà diffusé sur Internet, le clip Get It Right a été réalisé par le photographe basé à New York Stéphane Sednaoui. Tourné au Caire, il donne le ton : celui de l’émancipation. Sur rythmes robotiques et mélodie veloutée, Yasmine y incarne une femme libre, motarde casquée, vêtue de cuir, fêtarde de night-clubs cairotes, cosmonaute aux cheveux volants. Pour le final, deux images : la pyramide de Gizeh face aux antennes satellitaires.

Ce traité d’arabité moderne n’hésite pas à sampler les pionniers tatillons de l’électronique allemande, Kraftwerk, notamment dans le titre qui clôt l’album, A-Man. Les paroles, en arabe, ont été inspirées à Yasmine « par Ella Fitzgerald et Louis Amstrong, qui chantaient « I like potato, you like potaato, I like tomato, you like tomaato ». Les tomates sont importantes, parce que pendant la guerre au Liban les miliciens demandaient à ceux qui voulaient passer les barrages de prononcer le mot tomate, afin de déterminer selon l’accent s’ils étaient libanais ou palestiniens ». Yasmine organise ailleurs (Yaspop) le dialogue entre deux protagonistes. L’un dit à l’autre : « Il y a un Américain dans mon jardin. » « Aujourd’hui, tout le monde a un Américain dans son placard ! Là, c’est une référence à une comptine chantée par les enfants – « Il y a une mouche dans mon slip, une araignée dans mes cheveux, etc. » Puis j’élargis à la région et au monde : « Il y a un Egyptien dans mon armoire, un Italien dans mon soutien-gorge, etc. »"

Né à Genève en 1960, fondateur du groupe français Taxi Girl, Mirwais est un as des machines capable de produire de très « madonesques » mélodies (Coit Me), ou d’imparables rythmes de transe dansante (Arabology), dans une esthétique disséquée jusqu’à l’os. Le parti pris est radical, en rupture complète avec les fusions proposées par le Marocain U-Cef ou l’Anglo-Egyptienne Natacha Atlas dans les années 1990, plus proche du Rachid Taha peroxydé période Olé Olé. Le résultat est nomade, forcément nomade, avec ces deux ostrogoths, dont les pays d’origine, orientaux, ont en commun les agitations de la guerre.

Yasmine est née à Beyrouth, en 1976. « Je ne sais pas dans quel hôpital, car ma mère a dû changer au dernier moment à cause des combats. » Fille d’un ingénieur civil, enfant de la guerre, elle déménage, d’Abu Dhabi en Grèce, puis au Koweït, où sa famille est surprise par l’invasion irakienne en 1991. Le tout entrecoupé d’allers-retours au Liban selon les périodes de trêve. Pour renouer le lien panarabe, Yasmine écoute des musiques plus anciennes, Mohamed Abdel Wahab, Oum Kalsoum, Asmahan, Nour Elhouda. « Ils m’ont donné petit à petit envie de chanter en arabe ».

BEYROUTH LA FESTIVE

« Cette langue possède une charge émotionnelle énorme, dit Mirwais. Mais une charge négative s’est imprimée depuis la révolution iranienne – alors qu’en Iran on parle le farsi. Et il est temps d’en finir. En Occident, on oscille trop souvent entre cette vision ultranégative – misère, pauvreté, dictature, fanatisme – et la vision orientaliste, exotique, du XIXe siècle. »

Arabology rappelle que Beyrouth est une ville festive, riche de sa nuit et de sa diaspora. « L’été, c’en est même insupportable, il y a tellement de Libanais qui reviennent, avec la chaleur, on est comme un plat au four. Je m’y ressource. Mais, à chaque fois, j’ai envie d’un monde plus large », dit Yasmine.

Les amateurs de musique arabe n’auront pas à être convaincus. Mais les jeunes issus de la culture pop, oui, dit Mirwais. « Là, il y a un trou béant. La culture arabe n’est absolument pas représentée. » C’est pourquoi Arabology est important : replaçant le monde arabe au centre de la création contemporaine, c’est un disque géopolitique. (Le Monde.fr)

Image de prévisualisation YouTube

Tom Frager

Jeudi 25 juin 2009

Tom Frager

Image de prévisualisation YouTube

12345...18