Archive pour avril 2009

La Légion résiste à Camerone

Jeudi 30 avril 2009

cameronetableau.jpgLa Légion résiste à Camerone

Pendant la guerre du Mexique,  le 30 avril 1863, dans le village de Camerone, 65 légionnaires français, sous les ordres du capitaine Jean Danjou, résistent à une armée mexicaine de plus de 2 000 hommes. Au bout de 9 heures de combats héroïques, seuls 3 légionnaires sont encore vivants. En souvenir de ce fait d’armes, ce jour est devenu la fête annuelle de la Légion étrangère, formation militaire française créée par Louis-Philippe en 1831.

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L’expédition mexicaine
 

Le combat de Camerone est un épisode de l’expédition du Mexique, décidée par Napoléon III en 1861, en pleine guerre de Sécession américaine, pour contrer l’expansion des États-Unis et leur domination sur tout le continent américain, l’Empereur estimant alors qu’ils menaçaient les intérêts européens, et français particulièrement. Il s’agissait « de marcher sur Mexico, d’y planter hardiment notre drapeau » pour y établir une monarchie, proposée à l’archiduc Maximilien, frère de l’empereur d’Autriche, et acceptée par lui après une longue hésitation.

Le port de Vera Cruz, dans le golfe du Mexique, et la ville fortifiée de Puebla, protègent alors la route de Mexico. Au début de 1863, le régiment de Légion envoyé au Mexique en renfort des troupes françaises qui s’y trouvent déjà depuis deux ans, reçoit comme mission d’assurer la sécurité des convois de ravitaillement des unités qui assiégent la place.

Intervention de la Légion étrangère
 

Il s’agit d’une compagnie du 2e régiment étranger commandé par le colonel Jeanningros, basé à Sidi-bel-Abbès en Oranie. Embarqués sur le « Saint-Louis » les légionnaires arrivent dans le port de Veracruz le 26 mai 1863. Les hommes de Jeanningros ont mission de surveiller une partie de la route de Veracruz à Cordoba, le tronçon des « Terres chaudes», Tegeria-Chiquihuite.

Le 29 avril 1863, Jeanningros apprend qu’un gros convoi emportant trois millions en numéraires, du matériel de siège et des munitions est en route pour Puebla. Le capitaine Danjou, son adjudant-major, le décide à envoyer au-devant du convoi une compagnie. Le 30 avril, le colonel Jeanningros demande à la compagnie du capitaine Danjou de faire une reconnaissance près de Palo Verde, à une dizaine de kilomètres de Camerone. A ce moment, l’ennemi se montre, le combat s’engage.

 

Camerone
cameronedanjou.jpgArrivé à la hauteur de l’auberge de Camerone, vaste bâtisse comportant une cour entourée d’un mur de 3 mètres de haut, il décide de s’y retrancher pour fixer l’ennemi.Le capitaine Danjou répond ainsi au militaire mexicain le sommant de se rendre : « Nous avons des cartouches et ne nous rendrons pas ». Puis, levant la main, il jure de se défendre jusqu’à la mort et fit prêter à ses hommes le même serment. Ses soixante hommes résistent à deux mille Mexicains : huit cents cavaliers, mille deux cents fantassins.
A midi, le capitaine Danjou est tué d’une balle en pleine poitrine. Vient le tour du sous-lieutenant Vilain deux heures plus tard qui tombe frappé d’une balle au front. A ce moment, le colonel mexicain réussit à mettre le feu à l’auberge. Les légionnaires persévèrent, nombre d’entre eux sont tués, si bien qu’à 5 heures, il ne reste que 12 hommes autour du sous-lieutenant Maudet.

 

cameronemaudet.jpgLes Mexicains vont donner l’assaut général par les brèches qu’ils ont réussi à ouvrir, mais auparavant, le colonel Milan adresse une dernière sommation au sous-lieutenant Maudet. La bataille terminée, il ne reste que six hommes : le sous-lieutenant Maudet, le caporal Maine, les légionnaires Katau, Wensel, Constantin, Léonhart. Chacun d’eux cependant garde encore une cartouche, et, dans un coin de la cour, le dos au mur, ils font face. Le sous-lieutenant Maudet et deux légionnaires tombent frappés à mort ; Maine et ses deux camarades vont être massacrés quand un officier mexicain se précipite sur eux et les sauve; il leur crie : « Rendez-vous! » – « Nous nous rendrons si vous nous promettez de relever et de soigner nos blessés et si vous nous laissez nos armes ». Leurs baïonnettes restent menaçantes. « On ne refuse rien à des hommes comme vous! » répond l’officier … Les soixante hommes du capitaine Danjou auront tué 300 soldats mexicains et blessé autant.

 

Reconnaissance

 

L’empereur Napoléon III décide que le nom de Camerone sera inscrit sur le drapeau du Régiment Étranger et que, de plus, les noms de Danjou, Vilain et Maudet, seront gravés en lettres d’or sur les murs des Invalides à Paris.Un monument est élevé en 1892 sur l’emplacement du combat. Il porte l’inscription :
 » ILS FURENT ICI MOINS DE SOIXANTE OPPOSÉS A TOUTE UNE ARMÉE. SA MASSE LES ÉCRASA. LA VIE PLUTÔT QUE LE COURAGE ABANDONNA CES SOLDATS FRANÇAIS
LE 30 AVRIL 1863 A LEUR MÉMOIRE LA PATRIE ÉLEVA CE MONUMENT  »

Chaque 30 avril, fête de la Légion, date anniversaire de Camerone, a lieu une cérémonie militaire à Aubagne, au cours de laquelle est lu, devant le front des troupes, le récit de Camerone, dans chaque unité de Légion, où qu’elle se trouve, et quelles que soient les circonstances. A cette occasion, un légionnaire porte sur un coussin la main de bois. Il remonte la voie sacrée qui conduit au monument aux morts rapporté morceau par morceau de Sidi-bel-Abbès.

 

« La main du capitaine Danjou »
Après le combat, la colonne de secours du colonel Jeanningros ne retrouve que des corps dépouillés. On cherche en vain la main articulée que le capitaine Danjou, dix ans plus tôt, en Algérie, s’était fait fabriquer à la suite d’un accident d’arme à feu. La prothèse est retrouvée le 20 juillet 1865 par un lieutenant autrichien Grüber chez le propriétaire français d’un ranch des environs de Tesuitlan ; il l’achète pour 50 piastres. Elle est actuellement au musée d’Aubagne.
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Bonaparte cède la Louisiane

Jeudi 30 avril 2009

napoleonbonaparte1.jpgBonaparte cède la Louisiane

30 avril 1803

Les Etats-Unis achètent à la France pour 80 millions de francs ou 15 millions de dollars les territoires de la Louisiane, qui avaient été repris à l’Espagne en 1800. Le Premier Consul Napoléon Bonaparte compte sur cet argent pour financer la guerre avec l’Angleterre. De son côté, le président américain Thomas Jefferson peut se féliciter d’avoir doublé la superficie de son pays (dont la Louisiane sera le 18ème Etat) et d’avoir débloqué la frontière du Mississippi, ouvrant la voie à l’expansion de son pays.

« Gang des barbares » : Fofana défie la cour

Mercredi 29 avril 2009

« Gang des barbares » : Fofana défie la cour

Youssouf Fofana a lancé à son arrivée au procès « Allah akbar » en levant un doigt vers le ciel. « Je m’appelle arabs, africaine révolte armée barbare salafiste », a-t-il dit en déclinant son identité.

Le procès du meurtre d’Ilan Halimi a ouvert mercredi 29 avril avec un peu de retard. Premier accusé à entrer dans le box: Youssouf Fofana, en sweat shirt blanc et très souriant, a déclaré, levant un doigt vers le ciel, « Allah akbar » (Dieu est grand en arabe). Alors que la présidente lui demandait de décliner son identité, Youssouf Fofana a répondu : « Je m’appelle arabs, africaine révolte armée barbare salafiste. Je suis né le 13 février 2006 à Saint-Geneviève des bois ». Il s’agit de la date et du lieu de la mort d’Ilan Halimi.

Le huis-clos débattu

La présidente de la cour d’assises des mineurs de Paris jugeant Youssouf Fofana et 26 complices présumés du rapt et de la séquestration d’Ilan Halimi a ordonné au public d’évacuer la salle d’audience mercredi vers 12H15, le procès devant se tenir à huis clos. Une fois le jury constitué (cinq femmes et quatre hommes), la « publicité restreinte » des débats –sans journalistes ni public à quelques exceptions près– est de droit dans une cour d’assises jugeant des mineurs. Deux des 27 accusés étaient mineurs au moment des faits. Plusieurs parties au procès, notamment la famille d’Ilan Halimi, contestent le huis clos, mais la question devait être débattue mercredi une fois prononcée l’ouverture des débats, a décidé la présidente Nadia Ajjan. Youssouf Fofana, accusé avec 26 complices présumés du rapt et de la séquestration d’Ilan Halimi, demande que son procès soit public et ne se tienne pas à huis clos, selon des conclusions déposées par ses avocats. « Aucun élément de fait n’est produit, justifiant la restriction des débats », plaident Me Emmanuel Ludot et Isabelle Coutant-Peyre, alors que les débats, impliquant deux mineurs, doivent se tenir à huis clos. « Cette publicité (des débats) protègent les justiciables contre une justice secrète, échappant au contrôle public et constitue ainsi l’un des moyens de contribuer à préserver la confiance dans les tribunaux », arguent-ils. La mère d’Ilan a aussi réclamé la publicité des débats.

Riches « parce que juifs »

La connotation antisémite retenue par la justice une semaine après la découverte du corps d’Ilan Halimi, un jeune vendeur juif assassiné après trois semaines de calvaire, le 13 février 2006, avait donné une dimension nationale à ce crime, à propos duquel le président Jacques Chirac avait promis de faire « toute la lumière ». A partir de la diffusion du portrait-robot d’une jeune femme chargée d’ »appâter » des hommes présumés riches « parce que juifs », la police avait interpellé jusqu’à une trentaine de membres du « gang des barbares », implanté dans une cité HLM de Bagneux (Hauts-de-Seine).

Dix semaines de procès

Neuf projets d’enlèvement -dont certains versés à la procédure- ont été attribués à la bande avant celui, accompli, d’Ilan Halimi, victime de tortures pendant les 24 jours de sa séquestration dans un appartement, puis un sous-sol d’immeuble. Au total neuf jeunes femmes -dont Emma, 17 ans à l’époque, qui aurait attiré Ilan dans le piège en le séduisant dans son magasin du boulevard Voltaire- siègeront parmi les accusés. Le procès, prévu sur dix semaines, devrait se tenir à huis clos, un principe qui s’applique lorsque des mineurs sont concernés.

Une requête rejetée

Hormis Youssouf Fofana, assassin présumé, qui encourt la prison à vie, une quinzaine d’accusés doivent répondre de leur participation au rapt ou à la séquestration d’Ilan. D’autres comparaîtront libres pour les seuls chefs d’association de malfaiteurs ou de non dénonciation de crime. Avant le procès, Youssouf Fofana a déjà protesté contre les conditions de sa détention prévue pour de longues heures dans la « souricière » insalubre du palais de justice de Paris, mais le tribunal administratif a rejeté mardi la requête qu’il avait formulée en urgence pour ne pas avoir à y séjourner.
Les avocats du chef présumé du « gang des barbares » soulignent, par ailleurs, que la procédure d’extradition depuis la Côte d’Ivoire ne mentionnait pas la circonstance aggravante du caractère antisémite du crime présumé, ni deux tentatives précédentes d’enlèvement. Ils demandent donc en conséquence que Fofana soit « déclaré absent » lorsque ces faits seront évoqués. Mardi le procureur de la République de Paris a par ailleurs reçu un courrier émanant d’un groupe inconnu - »L’Organisation Juive »- promettant 400.000 euros à qui « s’occupera » du principal accusé si jamais « une peine exemplaire » n’est pas réclamée contre lui à l’issue des débats. (Nouvelobs.com avec AFP)

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